L'agglomération de Fribourg sera romande

Comme à chaque week-end de votations fédérales, les citoyens se prononçaient aussi sur nombre d'objets cantonaux et communaux. Ainsi la région de Fribourg, qui verra naître une agglomération privée de sa seule commune germanophone.

Voie médiane entre le chacun pour soi et la fusion des communes, l'AGGLO Fribourg, qui rassemble près de 70'000 habitants, est née dimanche. La double majorité du peuple et des communes a approuvé les statuts fondant cette nouvelle entité supracommunale qui réunit dix communes, dont la ville de Fribourg.

Seule ombre au tableau: la seule commune alémanique du projet, Guin (ou Düdingen), a clairement dit non, à 60%. En vertu des statuts, elle devra cependant se plier à la règle de la majorité et ne pourra pas quitter le périmètre de l'agglomération avant 15 ans.

Par ce vote, les communes ont décidé d'intensifier leur collaboration. L'union respectera largement l'autonomie communale et resserrera les liens dans six domaines d'action, soit les transports, l'aménagement du territoire, la protection de l'environnement et les promotions économique, culturelle et touristique.

Naturalisations aussi

Dans le canton de Fribourg encore, le droit de cité communal sera désormais octroyé par les exécutifs communaux et non plus par les législatifs. Le peuple a clairement approuvé dimanche la révision législative prévoyant ce transfert.

Les citoyens ont ainsi rejeté le référendum de l'UDC (droite nationaliste) qui combattait la révision de la loi sur le droit de cité fribourgeois adoptée en mai 2007. Ils ont accepté la révision à 59,58% des suffrages.

A l'exception de l'UDC, tous les partis soutenaient la révision de la loi. Mais la vitesse avec laquelle l'UDC a récolté 9000 signatures au lieu des 6000 requises pouvait laisser présager un succès des référendaires.

Ce scrutin cantonal était parallèle au scrutin fédéral sur les naturalisations. Il ne portait cependant pas exactement sur le même objet: Fribourg n'a jamais pratiqué la naturalisation par les urnes et cette question n'était donc pas à l'ordre du jour.